Martin Ménégoz
jeudi 24 septembre 2009 par rascol
Martin Ménégoz
Doctorant au CNRM-GAME (Centre National de Recherches Météorologiques - Groupe d’études de l’Atmosphère Météorologique), Météo-France
Groupe de Modélisation Grande Echelle et Climat (GMGEC)
Unité Dynamique du Climat (UDC)
42 avenue Gaspard Coriolis 31057 Toulouse Cedex (bâtiment Navier (CNRM)) Contrat Météo-France (Janvier 2006-Janvier 2009)
Courriel : menegozmartin AT yahoo DOT fr
----- Sujet de Thèse -----
TITRE : MODÉLISATION DES RÉTROACTIONS DES AÉROSOLS SUR LE CLIMAT
Encadrant :
David Salas y Mélia (CNRM)
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1. Contexte scientifique de la thèse : aérosols et climat
L’impact radiatif des aérosols constitue actuellement un
facteur d’incertitude majeur limitant la compréhension des
évolutions climatiques récentes et l’estimation
des tendances climatiques futures. En effet, si l’on sait aujourd’hui
que l’augmentation des gaz à effet de serre joue dans le
sens d’un réchauffement du climat, en piégeant
près de la surface terrestre une part croissante du
rayonnement infrarouge réémis vers l’espace,
l’impact des aérosols sur le climat est nettement moins bien
connu.
Par ciel clair, les aérosols absorbent et diffusent le
rayonnement solaire qui arrive à la surface de la terre,
c’est ce que l’on appelle l’effet direct des aérosols. Les
aérosols jouent par ailleurs le rôle de noyau de
condensation pour les gouttelettes d’eau nuageuse. Changer la
concentration et la taille des aérosols modifie les
caractéristiques physiques des nuages et en particulier
leurs propriétés radiatives. C’est ce que l’on
appelle les effets indirects des aérosols sur le climat.
Pour évaluer les effets directs et indirects des aérosols, il est tout d’abord nécessaire de connaître leur composition chimique et leurs propriétés physiques. Qu’ils soient d’origine anthropique ou naturelle, on classe communément les aérosols en deux familles : les aérosols primaires, directement émis dans l’atmosphère, et les aérosols secondaires, issus de réactions chimiques se produisant dans l’atmosphère. De nombreux processus physico-chimiques dans l’atmosphère devront être appréhendés pour étudier les variations spatio-temporelles des aérosols.
L’objectif de ma thèse est double : il consiste à
décrire les évolutions spatio-temporelles des
aérosols atmosphériques et à
étudier les rétroactions de ces
aérosols sur le climat, via la représentation du
forçage radiatif de ces aérosols dans
l’atmosphère. Ces aspects sont
présentés dans la suite de ce
résumé.
2. Objectifs de la thèse
2.1. Presentation générale
Le modèle de climat couplé global du CNRM
comprend actuellement un modèle de circulation
générale atmosphérique
(ARPEGE-CLIMAT), un modèle d’océan (OPA), un
module de routage des fleuves (TRIP), et un modèle de glace
de mer (GELATO) ; l’ensemble est couplé par le logiciel
OASIS. Il faut noter que dans cet ensemble les aérosols sont
actuellement prescrits par des observations ou des projections futures
; leur action sur le rayonnement (effet direct) est incluse, mais leur
impact climatique via la formation des nuages ou les
précipitations (effets indirects et semi-directs) reste peu
ou mal décrit. Le CNRM a par ailleurs
développé un modèle
indépendant de chimie-transport, appelé MOCAGE,
capable de simuler les évolutions des espèces
gazeuses et aérosols.
La première étape de la thèse consiste
à évaluer les quantités et les
distributions des aérosols atmosphériques
à l’aide de simulations réalisées avec
le modèle MOCAGE. Ces simulations doivent être
validées à l’aide de comparaisons avec d’autres
modèles numériques et avec des observations
(images satellites, filtres à aérosols, archives
glaciaires, etc...). La deuxième étape de la
thèse est la réalisation d’un couplage entre
MOCAGE et ARPEGE-CLIMAT dans le but d’évaluer l’impact des
aérosols sur le système climatique.
2.2. Modélisation des aérosols dans l’atmosphère
Il existe plusieurs versions du code numérique MOCAGE. La
version de base qui a été utilisée est
une version permettant de modéliser le comportement des
aérosols de carbone-suie (Black-Carbon, BC) et des
poussières désertiques.
Pour les carbone-suies, le modèle prend en compte des cadastres d’émissions en surface. Le cadastre qui a été utilisé dans un premier temps est celui de l’inventaire d’émission du projet " Global Emissions Inventory Activity " (GEIA), représentatif de l’année 1985. Ce cadastre d’émissions représente les quantités de carbone-suie émises en surface, et précise aussi les caractéristiques des particules émises, c’est à dire leur granulométrie et leur densité. Dans un contexte de validation sur une période plus récente, les émissions du projet " Aerosol Comparisons between Observations and Models " (AeroCom), représentatifs de l’année 2000 ont été intégrées à MOCAGE. Notons que ces cadastres d’émissions sont mensuels.
L’émission en surface des poussières
désertiques est représentée par un
module d’arrachement des particules, celui-ci dépendant des
forçages météorologiques, ainsi que de
la rugosité et de l’humidité du sol.
La représentation des aérosols soufrés
a aussi été intégrée au
code MOCAGE. Les carbone-suies et les poussières
désertiques sont des aérosols primaires et ils
sont considérés dans le code comme inerte
chimiquement. Les aérosols soufrés sont par
contre des aérosols secondaires, produits à
partir de gaz précurseurs naturels et anthropiques.
Une paramétrisation du cycle du soufre a
été intégrée au code
MOCAGE, dans l’objectif de représenter le comportement des
aérosols sulfatés. Le modèle prend en
compte six espèces soufrées : le sulfure de
diméthyle (DMS), le dioxide de soufre (SO2), le sulfure
d’hydrogène (H2S), l’oxysulfure de diméthyle
(DMSO), l’acide méthanesulfonique (MSA) et le sulfate non
marin (SO42-). Quatre oxydants interviennent dans ce schéma
chimique : l’ion hydroxyde (OH), le peroxyde d’hydrogène
(H2O2), l’ion nitrate (NO3-) et l’ozone (O3). On suppose que les
espèces intermédiaires non prises en compte ont
une durée de vie courte devant celle des espèces
considérées. De plus, les espèces
soufrées sont pronostiques alors que les oxydants sont
prescrits en prenant en compte leur variabilité diurne et
mensuelle. Le cycle du soufre fait intervenir des réactions
en phase gazeuse ainsi que des réactions en phase aqueuse.
Les réactions en phase gazeuse sont
représentées par un schéma chimique
dérivé du schéma chimique complet
déjà existant dans MOCAGE. Ce nouveau
schéma chimique, beaucoup plus léger en terme de
temps de calcul, ne prend en compte que les réactions
faisant intervenir les espèces soufrées (sept
réactions chimiques).
La chimie aqueuse est intégrée dans une autre
paramétrisation. Celle-ci est inspirée du
modèle de Pham (Pham et al., 19995). Elle décrit
la dissolution des espèces soufrées et des
oxydants H2O2 et O3, le calcul du pH dont dépendent des
constantes chimiques ainsi que deux réactions produisant des
sulfates.
Les espèces soufrées émises en surface
sont, comme les carbones-suies, issues de cadastres
d’émissions (GEIA, et AeroCom) : le DMS est essentiellement
d’origine océanique, le SO2 et le H2S sont majoritairement
émis par les activités anthropiques, les feux de
biomasse et l’activité volcanique.
Plusieurs simulations tests on été
lancées sur la période couvrant l’automne 2004 et
l’année 2005, avec l’inventaire d’émissions GEIA
dans un premier temps et l’inventaire d’émissions AEROCOM
dans un deuxième temps. Ces premiers tests ont permis de
vérifier à quel contenu atmosphérique
en aérosol conduit l’équilibre entre les
différentes sources (chimie, émissions) et puits
(lessivage, dépôt sec, sédimentation
des particules). Les distributions spatiale des aérosols
obtenues lors de ces expériences de modélisation
ont aussi mis en évidence les atouts et les
défauts du modèle.
2.3. Interactions entre les aérosols et le climat
La seconde étape de ma thèse consiste
à étudier les interactions entre les
aérosols et le système climatique. Pour cela, un
couplage va être réalisé entre le code
MOCAGE et le modèle de circulation atmosphérique
du CNRM, ARPEGE-CLIMAT. La création de cet outil consiste
à faire évoluer les deux codes
simultanément :
ARPEGE fournit les champs météorologiques
à MOCAGE : l’humidité, la température,
les vitesses de vent et la pression atmosphérique. A partir
de ces données, le code MOCAGE actualise les distributions
d’aérosols, celles-ci sont envoyées à
ARPEGE-CLIMAT, qui les utilise pour calculer les forçages
radiatifs de chaque type d’aérosol, et intégrer
ensuite des forçages dans le cadre de simulations
climatiques.
Cet outil devra bien sûr être validé :
les simulations seront confrontées à des
observations et à d’autres modèles. Des exercices
de simulations réalisées sur la
période 1950-2000 permettront d’étudier en
détail les rétroactions des aérosols
sur le climat.
----- Curriculum Vitae -----
MA FORMATION :
2003-2004 : Master de Recherche, (2ème année), option "Océan, Atmosphère, Hydrologie" (Université J. Fourier de Grenoble, 38).
2003 : Diplômé de l’École Nationale Supérieure d’Hydraulique et de Mécanique de Grenoble (groupe INPG) option "Hydraulique et Environnement"
2000 : Cycle Préparatoire Polytechnique de l’INPG
MON EXPERIENCE :
Depuis janvier 2006 : Doctorant au CNRM (Météo-France) : Etude des rétroactions des aérosols sur le système climatique
2005 : CDD à HYDRETUDES
(agence de Gap, 05), bureau d’études en hydraulique
Hydraulique de rivière et réseaux d’eau (études & maitrîse d’oeuvre)
2004 : Projet de recherche avec l’IRD
(Institut de Recherche pour le Développement), en
partenariat avec l’institut de météorologie et
d’hydrologie de Quito (Équateur)
Etude de la relation glacier-climat, mesure et modélisation
du bilan d’énergie à la surface d’un glacier
tropical.
Mise en place de stations météorologiques et hydrologiques.
2003 : Stage avec l’IRD et le LGGE
(Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de
l’Environnement)
Etude du bilan d’énergie et des flux turbulents à la surface d’un glacier tropical.
2002 : Stage à
GÉOLITHE (38)
Caractérisation des risques d’avalanches, étude des moyens de protection associés
----- Rapports et publications -----
M. Menegoz, D. Salas y Melia, M. Legrand, H.Teyssedre, M. Michou, V-H. Peuch, M. Martet, B. Josse, and I.Dombrowski-Etchevers, Equilibrium of sinks and sources of sulphate over Europe : comparison between a six-year simulation and EMEP observations, Atmos. Chem. Phys., 9, 4381-4415, 2009
M. Menegoz, M et al., "A six-year simulation of sulphate aerosol over Europe : analysis and comparison with EMEP observations" (poster),IGAC Conference, Annecy, 2008.
M. Menegoz, I. Etchevers, M. Martet,M. Michou, V-H. Peuch, D. Salas Melia, H. Teyssèdre, 2007, "A three-dimensionnal study of sulphates, black-carbon and dust aerosols" (poster) A-train Lille 2007 Symposium : Bringing together a-train observations and modelling to understand aerosol and clouds.
Menegoz, Favier, Wagnon, Chazarin,"Study of the surface boundary layer on Antizana glacier (Ecuador, 0.25° S, 78.09 W, 4890 m asl) and estimation of turbulent fluxes" (poster) ,deuxième symposium sur les bilans de masse des glaciers andins, Huaraz, Perou, du 6 au 9 Juillet 2004.
Favier, Wagnon, Menegoz, Chazarin, Sicart, "Bulk Method Accuracy for Turbulent Heat Flux Computations over Antizana Glacier 15, Ecuador ", soumis en Août 2005.
Menegoz, M., 2004 : Etude de la couche limite atmosphérique sur le glacier de l’Antizana (Equateur) et estimation des flux turbulents, Rapport de stage de Master, 50 pages.


